Bulle de Vie

Poncha

Je viens de passer une semaine avec de parfaits inconnus et je suis contente d'avoir relevé le défi. Ma batterie sociale a été mise à l'épreuve et s'est souvent retrouvée à plat (ou si près de l'être). Je me suis même demandée (surtout au début) si j'arriverais à passer la semaine... J'avais parfois l'impression d'être de nouveau dans l'ombre de mon adolescence. Cette mixture inconfortable d'incompréhension et de déphasage entre ces autres si extravertis et bruyants et mon profil calme et réservé. Et plus le cercle était grand, plus je me sentais de trop ou à la traine... (...)

En carton

Mon frère me regardait avec des yeux comme des soucoupes pendant que je lui disais : "Wow, j'aime tellement le vent !". Sa sensation provoque une sorte de bien-être quasi instantané et me remplit d'extase. J'aime le vent. Le sentir passer dans mes cheveux, en faire ce qu'il veut, me rafraichir à m'en faire frissonner alors que le soleil cogne sur ma peau. Le Sud m'a laissé un joli bronzage, comme la promesse d'un été dont je vais savourer chaque minute. Ce long week-end de retrouvailles, de balades, d'exaspération, de rires et de discussions m'a vraiment fait du bien. D'autant plus (...)

Pendant que le sol sèche

Quand je travaille et que j'ai mon week-end, je ne suis jamais heureuse de sortir prendre l'air. En général, c'est toujours dans un but bien précis et souvent pour faire une course (ou pour aller à la salle de sport quand elle était ouverte). Je ne m'éloigne jamais bien loin. Non pas à cause du confinement mais simplement par confort personnel, par habitude. Cela fait 6 ans que je vis dans cette ville et je n'étais jamais allée dans ces deux parcs situés à moins de 10 kilomètres de chez moi. Je marche pendant quelques heures. J'y vais souvent le matin, quand il fait frais et que (...)

Ce dont j'ai besoin

Ce matin, le réveil n'a pas sonné et, pour la première fois depuis des mois (voire des années), je me suis fait la remarque sans culpabiliser de ne pas me lever. M'autoriser le repos, la tranquillité. La routine va prendre du temps à se déconstruire mais je me sens déjà mieux de ne pas avoir à guetter les mouvements qui annoncent la pause café pour avoir un prétexte de sortir m'aérer... J'ai plutôt bien dormi et me suis réveillée tôt. Je suis retombée dans un demi-sommeil. J'ai fait des rêves et me suis souvenue d'anciens que j'avais oubliés (et que j'ai de nouveau (...)

Être à moi, cette fois

Je suis responsable. De mon inconstance ; de mon inconscience. Je suis responsable. De moi, d'assumer, d'essayer de faire ce qu'il faut pour arriver là où je veux être. Je suis responsable. De ces mois de silence criant de vérité ; de ma difficulté trouver les mots ; de ma quête de "Bonheur" irrationnelle ; de mes rêves intuitifs. Je suis responsable de prendre ce qu'il me reste de temps pour en réaliser un, peut-être deux. Avant de redevenir comme tout le monde et d'avoir de nouveau peur de ma vie, de celles des autres. Des autres tout court. Je n'ai jamais eu cet espace, cette (...)

A mi-chemin

J'ai commencé un nouveau travail il y a deux semaines. J'étais contente de recevoir cette offre dans le contexte actuel. Le processus de recrutement a été très rapide et je savais que ça marcherait. Je suis soulagée d'avoir eu une opportunité au milieu de l'incertitude économique. Je n'ai pas envie de m'attarder sur le fait que le poste ne m'intéresse pas plus que ça, que l'intégration est étrange. Pour une fois, je n'ai pas envie de me poser de question existentielle. Aucune envie de m'impliquer, de me dépasser. J'ai juste trouvé une façon comme une autre d'occuper mes (...)

Blacklists

Je ne suis qu'en milieu de semaine et je suis déjà rincée. Je vais juste poser ça là, et, quand il me prendra l'envie de me relire (ce qui m'arrive parfois mais je pense qu'on le fait tous un peu), je verrai peut-être les choses différemment... Qui sait, je serais peut-être même contente de me dire que je m'en suis sortie et relevée ? Pour changer un peu, j'ai eu le droit à une nouvelle visite de mon voisin. J'ai immédiatement appelé la police qui a été réactive. Il a au moins le mérite d'être inventif car il s'est trouvé un nouveau jeu. Comme d'habitude, il s'est excité (...)

Être à moi

J'ai commencé l'année avec l'émerveillement de la neige en ouvrant mes volets. Mes premiers mots de l'année ont été : "Oh la vache !" et j'ai eu envie que toute cette année soit faite de petits miracles à base de "Oh la vache !". J'ai fait quelques photos et me suis retrouvée avec une palette graphique dans les mains. J'ai passé des heures à gribouiller. Ma mère a utilisé un de mes dessins en guise de carte de voeux pour ses contacts. Depuis combien de temps n'avais-je pas perdu la notion du temps qui passe par candeur, par plaisir ? Si je n'avais pas si peur de me retrouver (...)

Chocolat-orange

Juste après avoir publié mon dernier écrit, mon voisin est revenu se défouler sur ma porte. J'ai appelé la police qui m'a très efficacement envoyé sur les roses (pour rester polie) : "Qu'est-ce qu'on peut y faire, nous ?" Je ne cautionne aucun acte de violence mais il ne faut pas s'étonner que certaines personnes en viennent à se faire justice elles-mêmes si les personnes qui sont censées nous aider et nous protéger nous laissent dans la détresse quand on les appelle. Je n'ai pas envie de comparer ma situation à une autre. J'ai passé ma vie à me comparer aux autres et à (...)

Grande conjonction

Les choses sont en train de bouger de façon inattendue pour cette période de l'année où je m'attendais à un calme absolu... Tout d'abord, dans mes recherches d'emploi. J'ai eu quelques entretiens la semaine dernière dont deux pour les postes que j'avais en top list. J'étais un peu nerveuse mais c'était un bon exercice de se retrouver à nouveau de l'autre côté de la table. Mes présentations sont fluides et l'appréhension s'estompe très vite quand le cadre se démystifie. J'ai une maitrise de moi que je n'avais pas avant qui fait que je me sens à l'aise juste comme il faut. La (...)

Craving for

Je me sens très seule. C'est un sentiment qui ne me dérange pas d'habitude. Je vis plutôt bien la solitude de manière générale. Mais là, je me sens isolée, détachée du monde... Depuis mon dernier écrit, il ne s'est pas passé grand chose et, si j'ai ressenti le besoin d'écrire, il s'est dispersé dans les appels infiniment petits du quotidien. Bout à bout, ça fait mes journées. Je m'effrite un peu. Ça finira par passer. J'ai l'impression d'être dans une étrange phase de transition où j'ai besoin et envie de tout sans arriver à trouver de quoi satisfaire mon corps et mon (...)

Chiquilá

Ecrire tout ce que j'avais sur le coeur hier m'a fait beaucoup de bien. Je suis encore en train de digérer les faits. Je travaille à la prise de recul et au lâcher-prise qui doivent aller avec. A quoi bon brûler mon énergie pour des choses que je ne peux pas contrôler ? Ce n'est pas juste le voyage. Le Mexique ne va pas disparaitre de la carte demain. Je pourrai y aller quand tout ira mieux si l'opportunité se présente. C'est, entre autre, cette histoire de synchronicité (impliquant une personne en particulier) qui m'a achevée et frustrée. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une (...)

Holbox

A l'heure où j'écris, je devrais être sur une plage d'Holbox avec de nouvelles copines. Je réalise tout juste ce que me coûte d'avoir renoncé à ce voyage et aux synchronicités que je manque pour la troisième fois de l'année. Et cette fois, ça ne passe pas. C'est violent comme je me déteste, comme j'ai envie de me jeter contre les murs. Une part de moi s'en veut énormément d'avoir dû annuler ce voyage que j'attendais. Parce que je rêve d'aller visiter les sites archéologiques mexicains. Je rêve de vacances lointaines et ensoleillées. Je rêve de dormir à moitié nue et de (...)

Lune bleue

Le mois d'octobre est crucial dans ma vie. C'est une période que je redoute toujours un peu parce que je ne sais jamais à quoi m'attendre alors qu'elle marque systématiquement la fin ou le début d'un cycle. C'est un mois qui pince. D'ici le 31, je perds ou je gagne... Mais je crois que 2020 n'est finalement qu'un très, très long mois d'octobre. Qui pue du cul. La décision du reconfinement ne change pas grand chose au rythme que j'avais jusqu'à présent. Après avoir vécu la première vague en télétravail, mon retour au grand air s'est rapidement soldé par un accident qui m'a (...)

Rafraîchissement

L'école m'a fait parvenir mes identifiants. Je suis officiellement étudiante ! J'ai pris un rendez-vous pédagogique avec mon professeur principal. Aucun rendez-vous n'était disponible avant un mois. Il ne faudrait pas que je rencontre de difficultés d'ici-là car ça me parait loin. C'est tout nouveau pour moi alors j'espère que je m'en sortirai. Ce format de cours me permet d'être vraiment autonome et d'organiser ma vie personnelle en parallèle. Cela tombe plutôt bien pour gérer les séances de kinésithérapie. Conduire n'est pas fun. Je suis obligée de tenir le poids de ma (...)

Peau de départ

Je n'arrive pas à croire que je n'ai plus à me connecter ou à aller travailler le matin. Ça y est, l'aventure est terminée. La page est tournée. Je suis en "vacances" ou, plus officiellement, au chômage. Cela fait des années que cela ne m'était pas arrivée et, c'est difficile à croire, mais la discipline de l'emploi me manque déjà. Je n'arrive pas à décrocher du rythme. Tout mon corps me crie de me reposer ; ma tête me hurle de rester dans l'action. Je me réveille toujours à la même heure. Je regarde la chaise vide où étaient posées mes affaires et, là, je me rappelle (...)

Liberté

Maman m'a poussé sur un fauteuil roulant pour m'éviter une nouvelle chute en béquilles sur le sol lustré de l'hôpital. J'avais l'impression d'être de nouveau sa petite fille en poussette. Je me suis plongée dans un souvenir d'enfance où nous chantions en allant (ou en revenant) des courses. La Shoop Shoop Song. Maman prenait de l'élan et sprintait en ligne droite. On riait comme des folles, cheveux au vent. Et à la pente, je levais les bras et elle lâchait la poussette qui partait à toute vitesse. C'était grisant. Je suis libre, tellement libre depuis que l'on m'a enlevé le (...)

Automne

L'automne est arrivé à une vitesse... Encore trop tôt pour mettre le chauffage. J'ai l'impression que l'humidité s'infiltre jusque dans mes draps. J'ai froid. Tout le temps. Le jour, la nuit. Je dors avec un pull et des chaussettes. Je m'emmitoufle dans une grosse écharpe la journée. C'est ma façon de trouver confort et réconfort. C'est mon côté félin. Quand quelque chose me manque, quand le puzzle est incomplet et que je me creuse, je vais le chercher dans les objets et, plus généralement, les vêtements. Si tout va bien, on m'enlève le plâtre la semaine prochaine. Je compte (...)

Soupe aux cheveux

L'appel qui fait semblant de prendre des nouvelles pour demander quelque chose ou jeter une bombe. Je commence à bien les connaitre et je ne suis pas sûre d'aimer ça. Allo, oui, je viens d'avoir la validation du budget donc je vous prolonge sur une nouvelle mission de 6 mois sans carence parce que vous allez passer sur un autre poste. On revient vers vous pour les détails. Mais si vous voulez prendre une semaine entre les deux, vous pouvez. A bientôt, au revoir. L'appel a duré moins de 3 minutes. Je n'ai pas pu poser de questions. Je ne sais pas pour quelle fiche de poste je dois être (...)

Roses

Cette semaine n'a pas été facile ni de tout repos. J'ai eu des moments down, surtout en début de semaine où mon corps s'est une fois de plus opposé à la nourriture de la façon la plus violente qui soit. Je crois que je suis passée maître dans l'art de vomir en équilibre sur un pied... C'était abominable et trop pour moi. Je me suis sentie épuisée physiquement et nerveusement. La charge de travail de la rentrée est très dense et j'étais moins imperméable aux excentricités de certaines demandes. Et puis ce manque de mobilité et d'autonomie sous mon propre toit m'agace (...)

Pour plus de lecture, consulter les archives : août 2020, septembre 2020, octobre 2020, novembre 2020, décembre 2020, janvier 2021, avril 2021, mai 2021, juin 2021.