Bulle de Vie

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J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai déballé mes premiers rouleaux de papier peint. J’en n’avais jamais posé avant alors j’ai suivi un tutoriel sur YouTube. Et franchement, heureusement que ce genre de vidéo existe pour les novices comme moi. Que ça soit en cuisine ou en bricolage, je leur dois une partie de mes petites victoires (et sans doute des heures en moins de galère) ! Le voilà posé bien proprement sur tout un mur du salon. Je rentre et ce nouveau décor, que j’ai imaginé pendant tant d’années, rentre dans mon champ de vision. Ça me fait sourire. J’ai hâte de voir le résultat avec les bibliothèques et les livres.

Il y a quelques jours, j’ai découvert la montagne aussi. Quelle beauté. Je ne sais pas pourquoi les gens sont surpris quand je leur dis que je n’avais jamais mis les pieds dans une station de ski. Je n’ai d’ailleurs jamais fait de ski. Vu l’état de mes chevilles, ce n’est peut-être pas une mauvaise chose. Ça ne m’attire simplement pas. Dans la famille, on s’oriente davantage naturellement vers les destinations en bord de mer, qu’il y fasse chaud ou non. La montagne, c’était neuf et majestueux mais je ne suis pas sûre de vouloir y retourner. Les randonnées étaient plus difficiles que prévues et les méthodes des encadrants du séjour m’ont laissé perplexe. J’ai adoré y aller en voiture et je ne changerai pour rien au monde les moments passés avec notre groupe de copines. Je me suis rarement autant sentie à ma place en étant totalement moi-même et en confiance.

Cette aventure exceptionnelle m’a rapproché d’une fille en particulier. Il s’est passé quelque chose de très fort pendant ces quelques jours. Une sorte de belle énergie dans sa vision de la vie, d’accueillir les choses sans les juger, de les apprécier, de prendre soin d’elle et de prendre soin des autres. Ses petites attentions m’ont beaucoup touché et m’ont fait chaud au coeur. J’ai l’impression que cela faisait des années lumière qu’on n’avait pas été si gentil avec moi sans attendre quelque chose en retour. J’espère la revoir et peut-être voyager avec elle.

Elle m’a recommandé quelques livres et des comptes à suivre par centre d’intérêt. Grâce à elle, je suis rentrée en contact avec deux jeunes femmes qui ont mis l’endométriose au coeur de leurs métiers et qui vivent avec la maladie (et non contre elle). L’occasion m’est donnée de les rencontrer à la rentrée… Et ainsi se tisse l’ère d’une vie sociale en voie d’expansion. Que j’appréhende et que je savoure en même temps.

Les détails de l’exposition ont été arrangés. En arrivant plus tôt à un de mes cours, j’ai rencontré la directrice artistique qui en gère l’organisation. J’étais un peu intimidée par l’importance de son statut de décisionnaire mais je me suis lancée dans la discussion. Nous avons regardé les photos que j’avais pré-sélectionnées dans l’idée d’en choisir deux. L’idée d’un débat s’est très vite dissipé quand elle m’a dit que toutes mes photos -- à l’exception d’une réalisée au cours d’un exercice où la mise au point n’est pas parfaitement juste -- étaient bonnes. Puis elle s’est penchée sur celles que j’avais secrètement positionnées en favorites pour l’exposition et les a validées. Quel bonheur et soulagement ! Je vais essayer de passer au studio la semaine prochaine pour voir le rendu avec celui de mes camarades. Notre travail y sera exposé jusqu’à la mi-septembre.