Bulle de Vie

A mi-chemin

J’ai commencé un nouveau travail il y a deux semaines. J’étais contente de recevoir cette offre dans le contexte actuel. Le processus de recrutement a été très rapide et je savais que ça marcherait. Je suis soulagée d’avoir eu une opportunité au milieu de l’incertitude économique.

Je n’ai pas envie de m’attarder sur le fait que le poste ne m’intéresse pas plus que ça, que l’intégration est étrange. Pour une fois, je n’ai pas envie de me poser de question existentielle. Aucune envie de m’impliquer, de me dépasser. J’ai juste trouvé une façon comme une autre d’occuper mes journées en gagnant de l’argent. Je suis bien consciente de ma chance et du sens qu’une routine apporte à ma vie. N’est-ce pas ce que font la plupart des gens ?

Est-ce normal de s’en foutre autant ?

Je voudrais pouvoir être plus reconnaissante, me dire que je suis sur le bon chemin mais je sais que je ne suis pas mes ambitions profondes. Toujours faim, toujours soif. Je suis incomplète. Au fond de moi, j’espère que le coeur me rattrapera.

Je me suis laissée une année pour apporter des changements positifs dans ma vie. Un an pour trier, ranger, jeter ou détruire. Je suis déjà à la moitié de l’échéance que je m’étais plus ou moins fixée. J’attends trop de moi. Bien sûr, tous les chantiers ne peuvent pas se mettre en place en simultané et en un claquement de doigt. Je m’impatiente beaucoup mais ça avance.

Mes autres projets se limitent à la relance de ma demande de logement, préparer mes repas du lendemain et à soigner mes irruptions d’acné (le port du masque toute la journée ne me réussit pas) en rentrant le soir. J’ai commencé mes cours de photographie en alternance avec mes cours de Pilates. Je refais ma garde-robe. Tout est sage ; tout est plat, sans passion. Ce n’est rien.