Bulle

Lune bleue

Le mois d’octobre est crucial dans ma vie. C’est une période que je redoute toujours un peu parce que je ne sais jamais à quoi m’attendre alors qu’elle marque systématiquement la fin ou le début d’un cycle. C’est un mois qui pince. D’ici le 31, je perds ou je gagne… Mais je crois que 2020 n’est finalement qu’un très, très long mois d’octobre. Qui pue du cul.

La décision du reconfinement ne change pas grand chose au rythme que j’avais jusqu’à présent. Après avoir vécu la première vague en télétravail, mon retour au grand air s’est rapidement soldé par un accident qui m’a obligé à m’autoconfiner pendant un long mois, plâtre au pied. Je n’ai eu que 3 semaines de liberté à boiter avant l’annonce de ce deuxième confinement. A quelque chose près, mon organisation reste inchangée.

J’ai réussi à avancer concrètement sur mes autres projets personnels. Cela faisait des mois que j’imaginais comment les développer sans trouver le bon moment pour faire le premier pas. De l’auto-sabotage en somme. Je n’arrivais pas à me dissocier du sens que je voulais apporter pour ne pas être qu’une répétition dans la masse. Et finalement, je me fiche pas mal d’avoir une valeur ajoutée ou non. Si la qualité dépendait du talent, il n’y aurait pas autant de comptes sur les réseaux sociaux. Ce n’est pas comme si je m’attendais à en vivre. Je me lance et je verrai bien !

Je me sens soulagée d’avoir réussi à dépasser ce stade de blocage, où les idées sont là mais ne se réalisent pas. C’est la même oppression interne que l’état amoureux que l’on tait (pour d’obscures raisons) et je déteste ça. Mes premières vidéos sont en cours de publication et je travaille à l’ancienne (avec de belles ratures et des mots impossibles à relire sur papier) pour la rédaction de l’édito d’un blog.

Ces projets me donnent l’impression d’avancer quelque part. Certes, il s’agit plus de développement personnel mais c’est ce dont j’ai besoin en ce moment. J’apprends énormément de choses par mes propres moyens et cela rééquilibre avec la déception de ces premiers jours de formation.

Je ne regrette absolument pas mon choix entre la prolongation de mission (qui ne m’intéressait pas) et cette opportunité de reprendre mes études. J’ai choisi avec mon coeur et, ça, ça ne peut pas être une erreur. Par contre, j’ai le sentiment d’avoir été trompée par le système et d’être retombée dans de vieux schémas de bizutage et autres discriminations de base. J’ai réussi à m’en sortir et je me suis jurée que cela ne ferait plus partie de ma vie.

Tous les étudiants de ma "promotion", toutes spécialités confondues, s’accordent sur les mêmes aberrations. J’ai fait une liste et j’ai appelé Pôle Emploi pour les alerter. Pour faire très court, les étudiants "demandeurs d’emploi" n’ont pas les mêmes outils (pour ne pas dire "avantages") que les autres et, sans cette égalité (même hors confinement), nous sommes tous voués à l’échec à cause de cette étiquette. A titre personnel, je l’ai appris en m’égarant de topic en topic sur le forum digital du campus, par une capture d’écran repostée d’un compte Instagram. Puis mes craintes ont été confirmées lors de ma première classe virtuelle. J’attends un retour de ma conseillère pour être fixée sur la suite.

Hier marquait les 4 ans de la disparition de ma première chienne. Mon voisin du dessus en a une (un vrai nounours derrière une mâchoire énorme) qu’il laisse souvent toute seule quand il vaque à ses affaires. Il m’arrive d’avoir les larmes aux yeux rien qu’en entendant le bruit de ses griffes galoper sur le sol et d’attendre, presque malgré moi, de voir apparaître la bouille de ma petite poule… Elle avait 17 ans et autant d’amour pour nous.

Et Nana, elle a décidé de partir le 26 octobre 2012. Plus de 8 ans que personne ne m’aime comme toi. La vie est trop dure.